Sud-Kivu: Vingt-six femmes violées entre octobre et décembre 2019

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Le consortium des Asbl Renaissance Africaine (Renaf), l’Institut Congolais des Droits de l’Homme (ICDH)   et  la plate-forme Agir pour des Elections Transparentes et Apaisées (AETA) dénoncent ces faits qui sont parfois décrites comme une guerre dans la guerre. Les vingt-six cas de femmes violées entre octobre et décembre 2019 sont enregistrés dans les territoires de Kabare et Mwenga, au Sud-Kivu, une province de l’Est de la République Démocratique du Congo.

En effet, 20 femmes dont trois cas de viol sur mineures ont été enregistrées dans le seul territoire de Mwenga. A Kavumu, dans le groupement de Bugorhe, territoire de Kabare, une femme de 30 ans  a été violée devant ses enfants et son mari dans son champ, la semaine du 13 au 18 janvier 2020. Des actes commis par des groupes armés, ainsi que des civils appartenant à des communautés locales.  Dans les territoires de Fizi, Uvira, Shabunda, Walungu, Idjwi et Kalehe, d’autres cas ont été rapporté en fin 2019 mais les statistiques ne sont pas encore connues.

Selon ce consortium, cette situation est due à la persistance de l’insécurité dans quelques villages causée par l’activisme des groupes armés et des FARDC incontrôlées. Il pointe également du doigt l’impunité envers les auteurs et commanditaires des viols. Le silence des autorités coutumières mis en cause :

le Consortium RENAF – ICDH – AETA Sud Kivu  déplore le silence des quelques autorités coutumières, administratives, judiciaires et sécuritaires qui, visiblement n’ont pas encore pris des dispositions pour faire face au phénomène des viols des femmes dans plusieurs villages et groupements de la Province’’.

A l’aide au Gouvernement

Le consortium demande au gouvernement congolais de remplir sa responsabilité fondamentale de protéger sa population civile par le déploiement de forces de sécurité disciplinées et formées à la protection des civils, et informées de la prohibition des violences sexuelles.  Suspendre de ses fonctions tout membre des FARDC impliqués dans des violations des droits humains, y compris le viol, durant l’enquête, et mettre en place un processus de filtrage effectif et équitable de manière à ce que les responsables de tels crimes ne puissent pas être recrutés.

Le Gouvernement doit en outre,  garantir la coopération sans réserve des autorités nationales, y compris des FARDC, aux enquêtes et poursuites au niveau national et international pour les crimes au regard du droit international, notamment en veillant à l’arrestation de tous les individus inculpés de tels crimes. Les victimes doivent obtenir réparation :

Veiller à ce que les victimes reçoivent des réparations satisfaisantes et effectives. Qu’ils aient aussi accès à un ensemble de services médicaux et psychosociaux ainsi qu’à l’information, s’agissant en particulier de la prophylaxie post-exposition, de la contraception d’urgence, de l’avortement sans risque et des soins prénataux et au moment de l’accouchement’’.

Autant, le Gouvernement doit appliquer la loi  du Statut de Rome afin que les tribunaux civils puissent mener des enquêtes effectives et engager des poursuites pour les crimes au regard du droit international ; promouvoir les ONG locales, notamment en leur accordant les moyens humains et matériels nécessaires pour réaliser leurs programmes.

Imani

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