Sud-Kivu : les journalistes de Bukavu interpellent les autorités sur le musèlement de la presse

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Les journalistes de Bukavu, et membres des organisations des médias interpellent les autorités sur le musèlement de la presse. Ils l’ont dit, dans un mémo, lu, vendredi 16 octobre 2020, à l’issue d’une formation.

Il était question d’une formation sur la protection et sécurité des journalistes et défenseurs des droits humains au Sud-Kivu.

Au nom des participants, Henriette Sifa de la radio « Neno la Uzima » a lu le mémo adressé aux autorités compétentes.

Les journalistes ont dressé un tableau sombre. Ce qui ne garantit pas l’exercice aisé de la liberté de la presse dans cette province.

Ainsi, ils interpellent entre autres, l’Agence Nationale des Renseignements (ANR). Il est question de porter à la connaissance des médias, les dispositions de la nomenclature des taxes ; impôts et redevance en RDC. Il s’agit essentiellement, de connaitre sur quoi fonde la décision de l’administrateur général de l’ANR, pour fixer la taxe sur l’exploitation. Ladite taxe est fixée à  500 USD pour les radios et 1000 pour les TV chaque année.

Aussi, l’ANR devrait suspendre tout recouvrement de la taxe d’exploitation d’une station et autres frais perçus au Sud-Kivu. Cela, jusqu’à ce que l’administrateur général donne son fondement légal. De plus, il faut instituer un cadre d’échange et de dialogue trimestriel entre l’ANR et les médias du Sud-Kivu.

Halte aux interpellations arbitraires

Les journalistes de Bukavu, et membres des organisations des médias

Quant au Parquet général, les journalistes demandent de mettre fin aux arrestations et interpellations arbitraires qu’occasionnent les poursuites pour imputation dommageable ; l’atteinte à la sureté de l’Etat et bien d’autres.

En cas d’un dossier judiciaire concernant un journaliste, recourir aux lois spéciales. Allusion faite surtout à l’édit provincial de 2016 portant protection des défenseurs des droits humains et des journalistes au Sud-Kivu ; la loi de 1996, sur l’exercice de la liberté d’expression en RDC.

Par ailleurs, il faudra mettre en place un cadre d’échange entre le parquet, les journalistes et les organisations des médias. Objectif ? Discuter des délits de presse avant toute poursuite.

Dépénaliser les délits de presse

Marche des journalistes en Guinée. Image/Tiers
Marche des journalistes en Guinée. Image/Tiers

Aux législateurs, les journalistes recommandent la dépénalisation des délits de presse en RDC.

De plus, les législateurs doivent revisiter le code pénale congolais, livre 2 en ses articles 74, 78 et suivant. Ce, en rapport avec les imputations dommageables ; les diffamations ; et bien d’autres. Car, 

C’est ce qui donne les prétextes aux détracteurs de la liberté d’expression de museler la presse.

Le Gouvernement provincial est également interpellé. En somme, les journalistes lui recommandent spécialement de garantir la protection et la liberté de la presse au Sud-Kivu ; vulgariser l’édit provincial du 10 février 2016 portant protection des DDH et des journalistes ; instruire aux différents services de l’Etat, de faciliter l’accessibilité aux sources d’information ; subventionner les médias pour contribuer à leur équilibre financier.

Louise Busane

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