Sud-Kivu: le travail des enfants se porte bien dans les mines

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C’est le consortium des Asbl Renaissance Africaine (Renaf), l’Institut Congolais des Droits de L’homme (ICDH)   et  la plate-forme Agir pour des Elections Transparentes et Apaisées (AETA) qui fait ce constat dans les mines du Sud-Kivu en République Démocratique du Congo. Dans un rapport rendu public samedi 8 février 2020, il dénonce les travaux souterrains que les enfants de 5 à 17 ans effectuent même la nuit dans des lieux dangereux pour la sécurité, la santé, le bien – être et la moralité.

Ce sont généralement les territoires de Kabare, Kalehe, Walungu, Mwenga, Fizi, Uvira et Shabunda qui enregistrent sur leurs différents sites miniers un nombre important d’enfants travailleurs.

Dans les mines de Kamituga, de Nyabibwe par exemple, des enfants âgés de 5 à 17 ans travaillent dans des conditions précaires et exécutent des tâches dangereuses, mais l’Etat congolais se caractérise par un laxisme quasi-total dans la poursuite et la répression des infractions contre les droits de l’enfant.

Ce consortium signale que les adultes emploient souvent les enfants dans des travaux pénibles et dangereux qui ont pour principal résultat de porter une atteinte grave aux droits des enfants, tant sur les plans physique, psychologique que social.

Ce sont des travaux souterrains qui s’effectuent même la nuit dans des lieux qui sont dangereux ou nocifs pour la sécurité, la santé, le bien-être et la moralité des enfants. Ce qui augmente le risque d’accident et de maladie, et obère toute chance pour les enfants de devenir un jour des adultes responsables en bonne santé’’. Conséquence ? Des centaines d’enfants travailleurs qui meurent ou sont atteints des affections pulmonaires ou d’autres maladies sous le silence coupable des autorités locales et d’autres organisations qui œuvrent en faveur des droits des Enfants.

Dans quelques sites miniers, les conditions de travail des enfants sont atroces. Au même titre que les adultes, ils travaillent sans relâche et sans aucune mesure élémentaire de protection ou de sécurité. Le rapport indique :

Sous une chaleur insupportable, des nuages de poussière rouge et une faible luminosité, ces enfants creusent de 200 à 300 mètres de profondeurs et sont constamment exposés à un risque d’asphyxie, d’éboulement ou d’autres accidents mortels, et sont rémunérés 1 à 2 dollars américains par jour’’.

Silence complice

Cependant, les compagnies minières et téléphoniques se soucient très peu des conditions de travail des enfants. Il s’agit surtout des mines de cobalt, de l’Or et du Coltan de cette province.  Nombreuses sont les compagnies extractrices de  l’or et du Coltan qui voient sur leurs sites des enfants âgés de 7 ans pour les plus jeunes, extraire ces minerais à la main ou avec des outils rudimentaires sans aucune mesure de protection.  Cela, bien que l’ONU ait établi des lignes directrices en matière de commerce qui insistent sur la responsabilité principale qu’ont les entreprises de respecter les droits humains internationaux dans le cadre de leurs activités.

L’article 32 de la convention relative aux droits de l’enfant stipule :

l’enfant doit être protégé contre l’exploitation économique et n’être astreint à aucun travail comportant des risques ou étant susceptible de compromettre son éducation ou de nuire à son développement physique, mental, spirituel, moral ou social’’.

L’article 3 de la convention n° 182 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) fait également référence aux travaux qu’effectuent ces enfants dans les mines en les qualifiant de : ‘’ travaux qui, par leur nature ou les conditions dans lesquelles ils s’exercent, sont susceptibles de nuire à la santé, à la sécurité ou à la moralité de l’enfant ».

Propositions

Pour en découdre, le Consortium RENAF – ICDH – AETA Sud-Kivu, fait des recommandations à l’attention des institutions provinciales et nationales, organisations tant locales que nationales.

Au Gouvernement national et provincial, notamment, il demande de soutenir, appuyer et formaliser le secteur minier ; faire respecter la loi en matière d’accès à l’emploi et obliger les opérateurs miniers à ne plus exploiter les enfants ; prendre des mesures appropriées d’appui aux communautés locales en vue d’un développement économique et social durable ;  s’assure que tous les éléments des Forces Armées de la RDC ne sont plus impliqués dans l’exploitation minière. Pour cela, il faut procéder à la démilitarisation des sites miniers et au déploiement d’une police des mines bien formée et équipée ; renforcer la capacité d’intervention l’administration minière et la police spéciale de la protection de l’enfance ; appuyer les organisations de la société civile qui s’occupent de la prévention et de l’encadrement des enfants.

Rappelons que la Fondation Panzi du Dr Denis Mukwege a initié tout un programme de réinsersion sociale des enfants et des femmes professionnelles de sexe issus des carrés miniers dans le territoire de Mwenga.

Imani

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