Sud-Kivu: 20 ans après, les auteurs des massacres de Katogota sont toujours libres.

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En mémoire aux victimes de Katogota

14 mai 2000-14 mai 2020. Vingt ans des massacres de 350 congolais à Katogota dans la plaine de la Ruzizi par Rassemblement Congolais pour la démocratie (RDC/Goma). La CCJT (Coalition Congolaise pour la Justice Transitionnelle) commémore et demande, dans une déclaration, que justice soit faite.

La CCJT s’inquiète que ces massacres soient toujours libres sans s’inquiéter. La déclaration souligne :

“Cette période particulière de pandémie du coronavirus, ne doit pas éclipser les initiatives de la lutte contre l’impunité de crimes de masse ; et d’autres commis au présent et dans le passé en RDC’’.

En effet, La coalition recommande aux victimes; organisations de droits humains nationales et internationales de mettre la question de Katogota au centre de leur préoccupation.

Elle promet, toutefois, de plaider pour le lancement du procès des auteurs des massacres de Katogota. Crimes commis depuis 20 ans par dont les victimes n’ont jamais bénéficié de la justice.

Rappel de faits

Plus 350 personnes ont été massacrées par des rebelles du Rassemblement congolais pour la Démocratie (RCD/GOMA) en date du 14 Mai 2000. Un mouvement politico-Rebelle né deux ans plutôt. Ledit massacre  est parti de l’assassinat d’un officier militaire de ce mouvement à presque deux kilomètres du village de Katogota. Ce,  alors que ce dernier revenait du village voisin de Lubarika, situé à la plaine de Ruzizi à plus de 70 km au nord d’Uvira sur la route menant vers Bukavu.

En effet, à la commémoration du 19e anniversaire, la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) avait révélé :

les personnes qui osent enquêter sur ces massacres sont séquestrées. Ces personnes sont même menacées de subir le sort des victimes”.

Une enquête avait été menée par Mr Petit Gabriel Wabatunda El Katondji, journaliste du journal ‘Munanira’ en 2013. Il est, par ailleurs, membre du bureau de la société civile.

Pour ses investigations, Mr Petit Gabriel est devenu victime des menaces de persécution et de mort. Ce, de la part d’un réseau de dignitaires politiques et militaires influents au pouvoir.

Une capacité de nuisance

La société civile dénonce que ces derniers, gardent encore leurs capacités de nuisance étant toujours dans la sphère dirigeante. Ils sont soit à Kinshasa, la capitale ou en provinces.

Pour Paul Mushizi, délégué de la NSCC, de la Plaine de la Ruzizi, ce travail d’enquête nécessite des moyens financiers. En plus, il comporte des risques humains quand on se rappelle comment Mr Petit Gabriel avait frôlé la mort en 2002.

« Même quand, en août 2013, il a fui au Burundi, il était toujours activement recherché par des membres des forces de sécurité. De par notre expérience au sein du bureau de la société civile, ils pourraient l’arrêter, le torturer voire le tuer. Comme ils en ont l’habitude, s’ils l’attrapent. Heureusement qu’il avait fui pour chercher une protection internationale »

La famille de Petit séquestrée et torturée. 

A en croire Paul Mushizi, l’Association APEVO /Agir Ensemble a relevé et condamné le viol de son épouse Ndikuriyo Brigitte. Une ancienne enseignante de 40 ans révolue. Sur la même liste figure la tentative de  kidnapping d’un de ses enfants le 28 mai 2018. C’était par une bande de deux hommes inconnus en uniforme militaire à bord d’une jeep. L’incident s’est déroulé aux environs de Rugombo, Cibitoke à la frontière avec la RDC vers 18 heures. C’était, en fait, lorsque la maman et ses enfants revenaient de la Tanzanie. Cette dame aurait déclarée faire face, depuis son arrivée dans son pays d’origine, à un climat d’hostilité et de suspicions.  Ses bourreaux sont notamment des personnes armées non autrement identifiées.

Pascal Kamanzi

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