RDC: ultimatum de 8 jours accordé aux spoliateurs de cimetière de Ruzizi à Bukavu

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Emmanuel Ndingaya Ministre provincial du Sud-Kivu, en charge de l’urbanisme et habitat, indique les maisons à démolir

Le Ministre provincial du Sud-Kivu, en charge de l’urbanisme et habitat est descendu, mardi, 14 juillet 2020, au cimetière de la Ruzizi. Consterné, Emmanuel Ndingaya a accordé un ultimatum de huit jours aux spoliateurs pour vider le lieu.

La descente s’est effectuée dans le cadre de la commission en charge de la récupération des maisons de l’État ; et la lutte contre les constructions anarchiques au Sud-Kivu. Le Ministre provincial de l’urbanisme et habitat,  qui préside ladite commission, voulait s’acquérir personnellement de la situation de spoliation. Arrivé à ce cimetière de Bukavu, c’était un constat amer. De tombes profanées et transformées en parcelles, des maisons qui poussent comme de champignon. Donc, un nouveau quartier s’y est érigé en lieu et place de cimetières.

A cet effet, le Ministre s’est dit consterné. Ainsi, il a accordé un délai de huit jours aux spoliateurs afin d’évacuer volontairement. Si non, l’Autorité provinciale sera obligée de procéder à la démolition. Il a déclaré :

« Nous sommes consterné par ce que nous venons de constater au cimetière de Ruzizi. Certaines personnes n’ont plus aucun respect aux morts. Comment les gens peuvent transformer un cimetière en quartier ? Nous accordons un délai de 8 jours à ces spoliateurs. Dans le cas contraire, nous allons faire le rapport à l’autorité et ainsi procéder à la démolition de toutes ces maisons. Question de faire respecter nos morts ».

Il a déploré que les cimetières de Ruzizi soient devenus la scène d’une profanation. Car, les habitants qui y enterrent leurs proches ont du mal à identifier les tombes, un mois seulement après l’enterrement. Aussi, certains habitants utilisent des tombes bien construites et bien aménagées comme table à manger.

Plainte en gestation

Profanation des tombes
Profanation des tombes

L’association de familles des défunts qui a vit le jour à Bukavu se prépare à déposer une plainte contre inconnu. Une dame qui a manqué la tombe de son défunt mari en larme a témoigné :

« Je suis allé à Ruzizi pour déposer une gerbe de fleurs sur la tombe de mon défunt mari une année après sa mort. Curieusement, la place où on l’avait enterré est devenue un tout nouveau quartier. J’étais aussi accompagné de mes deux fils absents du pays lors du décès de leur papa. Ils sont juste venus à Bukavu pour voir là où il repose pour l’éternité. Malheureusement, ils n’ont rien trouvé à part un quartier en lieu et place de la tombe ».

Les spoliateurs de Ruzizi se défendent

La spoliation des cimetières de Ruzizi
La spoliation des cimetières de Ruzizi

Devant le Ministre et l’équipe de la commission, une femme indique avoir acheté ces parcelles auprès des personnes identifiées et connues. Elle se déchaîne :

« Nous leurs demandons de nous rembourser notre argent. Un officier des FARDC de grade de lieutenant-colonel,  le chef de quartier nyalukemba, les commissionnaires et agent au cadastre. Ils sont parmi ceux qui nous ont vendu ces parcelles ».

Les ossements humains sont déterrés et stockés quelque part pour céder la place aux creuseurs des parcelles. Aussi, des crânes humains sont devenus des jouets pour les adolescents dans ce cimetière.

La délégation qui est descendue dans ce cimetière était composée du Ministre provincial et président de la commission ; le Bourgmestre de la Commune d’Ibanda ; du Chef de Quartier Nyalukemba ; des Chefs de divisions de l’urbanisme, de l’habitat ; du conservateur des titres immobiliers ainsi que les mouvements citoyens et la Société civile.

Pascal Kamanzi

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