RDC: Programme de 100 jours de Felix Tshisekedi est exécuté à 8,7 % (ODEP)

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L’étude de l’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) rapporte que, pour le volume des projets lancés de janvier à septembre 2019 évalué à 2,481 milliards USD, il s’observe un taux d’exécution de 8,7%. Les projets de l’ordre de 2,265 milliards USD n’ont pas connu un début d’exécution. 

Selon l’Odep, la gestion des finances a été caractérisée notamment par le faible financement du programme de 100 jours, la prépondérance des marchés de gré à gré, des écoles sur financées et surfacturées, faible exécution des projets route, une violation du circuit de la dépense publique et du Manuel de procédure ainsi qu’une concentration des ressources au sein des institutions.

En effet, le programme de 100 jours était estimé au départ à 304 millions USD. Dans la phase de mise en œuvre, l’ODEP constate que les projets lancés ont une valeur de 2,481 milliards USD. Les informations recueillis auprès du Ministère du budget, du Fonds de promotion de l’industrie (FPI) et du Fonds national d’entretien routier (FONER), à fin septembre 2019 indique ce programme a connu un paiement avoisinant 216 millions USD soit 71,05%. Comparativement au volume des projets lancés depuis le début de l’année de 2,481 milliards USD, il s’observe un taux d’exécution de 8,7%. Les projets de l’ordre de 2,265 milliards USD n’ont toujours pas connu un début d’exécution.

Marché de gré à gré

Le Gouvernement congolais a passé une centaine de marchés publics sur 492 que comptait le programme de 100 jours, dont le budget est de 2,813 507 milliards USD. L’exécution de ces marchés publics a été caractérisée par trois faits importants. Il s’agit de l’absence de libellé complète de 21 projets d’une valeur de 1 764 256 USD. Aussi, 54 projets d’un montant de 431 millions USD ont-ils été effectués avec appel d’offre, contre 21 projets d’une valeur de 2 380 456 milliards effectués de gré à gré.

Ecoles sur financées et surfacturées

L’ODEP a constaté que la construction des bâtiments du complexe scolaire Mokengeli dans la commune de Lemba et de l’école primaire, maternelle du camp Colonel Tshatshi à Kinshasa a coûté plus chère, voir surfacturée. La première a été financée à hauteur de 1 880 000 USD et la seconde à 3,299 millions USD par le trésor public.  Pourtant, la Loi portant reddition des comptes de la loi des finances 2015 renseigne que la construction d’une école de 6 salles de classe plus bureau, points, équipements coûte entre 125.000 USD et 130.000 USD. L’école la plus cher coûtait 150.000 USD.

Faible exécution des projets route

Environ 136 millions USD avait été prévu pour le paiement des dépenses pour la construction et réhabilitation des routes. L’impact de ces projets sur les populations reste très limité.  Sur une prévision de 3.385,5 Km de route retenus pour être réhabilités, l’ODEP a identifié 374,42 Km, qui sont en cours de réhabilitation. Le monitoring effectué démontre que les routes à réhabiliter ont connu un taux de réalisation de 80% dans la ville de Kinshasa, moins de 50% dans les restes des provinces.

L’Odep s’inquiète du double financement des projets tels que l’avenue de l’université à Kinshasa, alors que pour la même route, 9 millions USD avaient été décaissés entre 2017-2018.

Recommandations

Pour améliorer la gestion de finances publiques, l’ODEP recommande entre autres au Président de la République  de réhabiliter la fonction de contrôle tout en donnant des moyens à la Cour des Comptes, l’inspection Générale des Finances et la Direction Générale de Contrôle des Marchés publics. Ce, en vue de lutter contre la corruption et améliorer la gouvernance des finances publique ; prendre des mesures visant le respect du circuit de la dépense publique et le plan d’engament budgétaire par son cabinet.

Le premier Ministre de son côté, devrait veiller à la régularité des dépenses urgentes conformément au Manuel de procédures et le circuit de la dépense publique.

Aux organisations de la société civile et la population congolaise, d’accroître le contrôle citoyen sur la gestion des biens publics, à travers des actions citoyennes pour accroitre la redevabilité des autorités publiques au niveau du pouvoir central, provincial et local.

Quid de l’Odep ?

L’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) est une organisation non gouvernementale créée le 1er juillet 2011 par un groupe de douze organisations de la société civile de la RDC, soucieuses de promouvoir les finances publiques. Sa vision est de contribuer à la construction d’un Congo fondé sur les valeurs universelles de transparence, de redevabilité, de responsabilité sociale, de participation citoyenne, de justice et d’équité.  Sa mission est de mettre en commun les diverses compétences des organisations de la société civile en matière d’analyse, de plaidoyer, de lobbying et de mobilisation de la communauté sur les Finances Publiques.

Imani

 

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