RDC : L’ODEP dénonce la gabegie financière que couvre l’IGF

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ODEP

L’Observatoire de la dépense publique (ODEP) réagit à l’affaire dépassement budgétaire dont s’est défendu l’Inspecteur général des finances (IGF). Cette organisation dénonce une gabegie financière que ledit inspecteur sous tutelle du Président de la République couvre.  

 

« Le dépassement budgétaire n’est pas un détournement ni un acte de megestion ». c’est ce qu’a déclaré Jules Alingete, IGF en RDC, samedi 23 octobre 2021.

Pour l’ODEP, l’iGF couvre une gabegie financière. Parce que les dépassements budgétaires à la Présidence de la République sont devenus une culture et un mauvais exemple.

Par exemple, à fin septembre plusieurs institutions ont épuisé́ leur budget annuel. La présidence a dépensé́ 253,7 millions USD contre les crédits votés de 159,8 millions USD. Ce qui dégage un dépassement de 93,9 millions USD, soit 111%. En 2020, la même institution avait connu des dépassements : 177,8 millions USD utilisés contre les prévisions de 158,9 millions USD. Il s’agit d’un dépassement de 18 millions USD.

Une telle gouvernance budgétaire assise sur des pareilles faiblesses, ne peut permettre ni de créer de richesses ; ni d’améliorer les conditions sociales de la population. Encore moins d’être susceptible de rendre effective la décentralisation, telle que prévoit la constitution. Car elle place difficilement le pays sur la voie vers son émergence.

ODEP s’appuie sur des dispositions légales

L’article 126 de la constitution est clair : « Les lois des finances déterminent les ressources et les charges de l’État. L’Assemblée nationale et le Sénat votent les projets de lois de finances ; dans les conditions prévues pour la loi organique visée à l’article 124 de la Constitution». Ainsi  le Parlement est l’autorité́ budgétaire.

Les articles 178, 179 et 180 instituent une institution supérieure de contrôle qu’est la Cour des Comptes.

L’article 42 indique que les crédits de paiement constituent la limite supérieure des dépenses à ordonnancer ou à payer pendant l’année. Ils sont inscrits dans des programmes attribués aux ministères et Institutions.

Tandis que l’article 38 stipule : « … les crédits budgétaires sont limitatifs. Les dépenses sur crédits limitatifs ne peuvent être engagées ni ordonnancées au-delà̀ des dotations budgétaires ».

De ce fait, l’ODEP demande au Chef de l’Etat de mettre fin aux mauvaises pratiques de gestion des finances publiques. Puisque cela sont devenues pérennes au sommet de l’État depuis janvier 2019 jusqu’à ce jour.

En plus, le Président Tshisekedi devrait stopper à la campagne d’apologie de la mauvaise gouvernance que vient de commencer l’IGF. Car ladite campagne vise à minimiser et dédramatiser les mauvais actes de gestion à but électoraliste. « Produisez un bilan visible et valable avant de penser aux prochaines élections », déclare l’ODEP.

Judith Asina

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