RDC : des Députés français font pression à Macron pour la création d’un Tribunal pénal international

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Assemblée nationale Française. Image/Tiers

Près de trente députés français ont adressé un courrier à Emmanuel Macron sur les crimes dans la région des Grands Lacs. Ces élus lui demandent de soutenir la création d’un tribunal pénal international pour que le peuple congolais se projette dans le futur. 

Ils estiment intolérable que les crimes actuels ne soient pas poursuivis avec la même détermination que le Génocide rwandais. Ce que demande tout simplement Dr Denis Mukwege. En effet, il souhaite en particulier que soit exploité le « Rapport Mapping » de l’ONU de 2010 ; et que soit créée une juridiction internationale. Objectif ? Poursuivre les auteurs des massacres commis dans l’Est de la RDC depuis 1996 ; des crimes souvent ignorés ou minorés en RDC. 

Ainsi, ces Députés demandent au Président français de soutenir la création d’un tribunal pénal international; comme le Parlement européen le demande. Ce qui ferait progresser les cas avérés de violations des droits de l’homme remontrant à avant 2002 dans cette région. Une condition sine qua non pour que, le droit soit dit, et le peuple congolais puisse se projeter sereinement dans le futur. Cela, conformément à la recommandation du Dr Mukwege.

Les députés français fustigent le viol comme arme de guerre

Le Rapport Mapping dénonce les crimes odieux perpétrés en RDC
Le Rapport Mapping dénonce les crimes odieux perpétrés en RDC

Aussi, ils demandent à Macron d’accéder à sa requête exprimée à l’occasion de la remise du prix Nobel en décembre 2018 : « ne plus recevoir avec le tapis rouge les dirigeants des pays qui utilisent la violence sexuelle pour accéder au pouvoir ». Ce jour-là, Dr Mukwege a également exigé : « tracer une ligne rouge contre l’utilisation du viol comme arme de guerre. Une ligne rouge qui serait synonyme de sanction économiques, politiques et de poursuite judiciaires ».

Halte aux menaces contre Dr Mukwege 

Les Députés français dénoncent les menaces et tentatives d’assassinats auxquels Dr Denis Mukwege fait face. Cela, bien qu’il respecte une grande neutralité à l’égard des belligérants, alors qu’il dénonce ces crimes odieux. 

Depuis qu’il a récemment dénoncé un nouveau massacre de civils dans sa province orientale du Sud-Kivu, à la frontière du Rwanda, il est menacé. 

Il faut souligner que le 26 juillet 2020, il déclarait sur Twitter que les femmes étaient une fois de plus ciblées. Dr Mukwege l’a fait, alors que de nouveaux massacres étaient perpétrés à Kipupu dans le Sud-Kivu. « Ce sont les mêmes qui continuent à tuer (…) dans la ligne droite des massacres qui frappent la RDC depuis 1996 », ajoutait-il. Selon ces députés, cette déclaration déchainait un nouveau torrent de condamnation de la part de certains ; sa famille étant une fois de plus menacés. 

De ce fait, le Président français devrait soutenir la réalisation d’une enquête efficace, rapide, approfondie et impartiale sur ces menaces. Il s’agit d’une requête, en août dernier de Michelle Bachelet, Haut-commissaire de l’ONU. Car, la vie du Prix Nobel de la paix en dépend.

Judith Asina

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