Programme des 100 jours: GEC dénonce le recours à des institutions parallèle du régime Tshisekedi

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Le Groupe d’Etude pour le Congo (GEC) a publié son rapport d’analyse sur le programme des 100 jours.  Elle dénonce la tendance du nouveau régime, à se baser sur des institutions parallèles pour conduire les affaires de l’État. Le déclic de cette étude c’est l’affaire judiciaire contre Vital Kamerhe. Les charges retenues contre lui portent sur deux projets de construction de 4 500 maisons préfabriquées.

Selon GEC, cette affaire représente une portion des projets du programme d’urgence pour les 100 jours du chef de l’État. Alors que différents parquets à travers la RDC mènent des investigations.

lancement programme des 100 jours
Felix Tshisekedi lançant les travaux d’urgence à Kinshasa

En effet, les dossiers judiciaires en cours révèlent des failles dans la gestion des finances publiques. C’est notamment de la tendance du nouveau régime, à recourir aux institutions parallèles pour conduire les affaires de l’État. Une situation qui conduit à une dilution des responsabilités.

Dans l’ensemble, ces enquêtes portent sur des projets couvrant plus de 70% du budget initial du programme. Des projets qui peinent à être menés jusqu’au bout, en raison notamment des possibles détournements des fonds.

Pour GEC, ces pratiques, amplifiées par le contexte politique volatile depuis l’arrivée de Félix Tshisekedi, ne sont pas nouvelles. Elles ont caractérisé la gestion de l’État en RDC depuis des décennies. Souvent, des organisations congolaises et des partenaires financiers de la RDC la décriait. La question qui se pose est :

‘’Le nouveau président serait-il victime, malgré sa bonne foi, d’un système et d’un ensemble de normes pratiques de gouvernance opaque ; dont la force est incontournable ? Aurait-il cédé aux tentations qui viennent avec le pouvoir ?’’

GEC souligne que les insuffisances dans l’exécution du programme d’urgence rappellent l’importance de veiller à la promotion de la bonne gouvernance. Pour permettre aux autorités de réaliser leurs promesses d’un véritable changement, il est impératif d’encourager un contrôle parlementaire régulier et minutieux ; une démarcation claire entre les pouvoirs des différentes institutions. Surtout, le respect des règles de passation des marchés publics et d’ordonnancement de la chaîne des dépenses.

Problème de redevabilité

La démarche du cabinet du président dans l’élaboration et la conduite du programme d’urgence pose également un problème de redevabilité et responsabilité.

‘’Qui doit être tenu politiquement responsable de l’échec de ce programme d’urgence initié par Félix Tshisekedi ? Et qui doit en répondre devant la justice ?’’.

Deux questions distinctes, qui, dit GEC, nécessitent des réponses nuancées. Cela, même si l’opinion semble avoir trouvé son coupable désigné : « Vital Kamerhe ». D’autant que, les faiblesses dont a hérité Félix Tshisekedi et son directeur de cabinet ne peuvent pas leur être entièrement attribuées. Elles ont caractérisé les régimes précédents. GEC rappelle un rapport de 2015 sur la gestion des dépenses publiques. La Banque mondiale se plaignait déjà de l’existence des réseaux parallèles et des structures publiques fonctionnant hors budget. Ainsi, les considérations politiques conduisent à des situations où l’allocation des crédits contourne les instructions de la loi des finances.

Depuis, des entretiens avec le FMI et la BM confirment que ces pratiques perdurent avec le nouveau gouvernement. Ce, malgré les promesses du nouveau chef de l’État de lutter contre la corruption et la dilapidation des ressources de l’État.

Judith Asina

 

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