Massacres de Kipupu: Dr. Denis Mukwege fustige l’impunité et brandit le rapport mapping

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Le tweet du Prix Nobel de la Paix

Le prix Nobel de la paix réclame justice en faveur des victimes des atrocités, particulièrement à Kipupu, dans le Sud-Kivu. Dr. Denis Mukwege indique, tant que l’impunité perdurera et que le rapport mapping sera ignoré, les massacres des congolais continueront.

Dr. Denis Mukwege s’insurge contre les massacres commis à Kipupu, ayant causé la mort à plus de 200 personnes et des femmes violées. Commis, vendredi 17 juillet 2020, on dénombre également 250 maisons incendiées et plus de 150 personnes portées disparues. 

Selon Dr. Mukwege, ce sont les mêmes qui continuent à tuer en RDC. Il déclare : « Les comptes macabres de Kipupu sont dans la ligne droite des massacres qui frappent la RDC depuis 1996 ».

Pour en découdre, il brandit le rapport Mapping des nations unies. Car, tant que l’impunité perdurera et que les recommandations de ce récit ignorées, les massacres des congolais continueront.

Que dit le rapport Mapping?

Dr Denis Mukwege lors de son speech du Prix Nobel à Oslo. Il a dénoncé les atrocités dans son pays la RDC
Dr Denis Mukwege lors de son speech du Prix Nobel à Oslo. Il a dénoncé les atrocités dans son pays la RDC

Le rapport mapping dresse l’inventaire des violations les plus graves des droits de l’homme et du droit international humanitaire. Il s’agit de violations commises sur le territoire de la RDC entre mars 1993 et juin 2003.

Pour ce rapport, la grande majorité des 617 incidents recensés pourrait constituer des crimes internationaux. Ce, s’ils font l’objet d’enquêtes et poursuites judiciaires complètes. En particulier, des crimes de guerre commis pendant les conflits armés, internes ou internationaux. Mieux, des crimes contre l’humanité commis dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique contre une population civile. Encore, dans ce nombreux cas, qu’il s’agisse des deux. En terme de justice, la réaction des autorités congolaises devant cette avalanche de crimes graves s’est avérée minime, voire inexistante. Ce peu d’engagement n’a fait qu’encourager la commission de nouvelles violations graves qui perdurent jusqu’à ce jour. 

Par conséquent, le rapport propose la mise en place d’une politique holistique de justice transitionnelle. Un processus  qui s’appuierait sur la création de mécanismes divers et complémentaires, judiciaires et non judiciaires.

Impunité, besoin d’une justice transitionnelle

En effet, le rapport se garde de donner des recommandations ou directives proprement dites. Mais, il examine les avantages et inconvénients des diverses options de justice transitionnelle en matière de vérité ; et de justice ; de réparation et de réhabilitation des victimes ; ainsi que de réforme des institutions de justice et de sécurité, y compris des mesures d’assainissement (vetting) ; dans le contexte congolais actuel. Le Gouvernement de la RDC et la société civile devront examiner ces options qui comprennent: la création d’une juridiction mixte; la création d’une nouvelle Commission Vérité et Réconciliation; des programmes de réparation ; des réformes à la fois du secteur de la justice et des forces de sécurité. Question de s’assurer que la population congolaise s’associe intimement à l’identification des besoins ;  à la détermination des priorités et à la recherche des solutions. Donc, la population devrait s’imprégner de ces nouveaux mécanismes, comprendre le fonctionnement et la portée. D’où, l’appel pour les Autorités de procéder à des consultations nationales.

Judith Asina

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