Massacres à répétition dans l’Est de la RDC: LE DR MUKWEGE CLARIFIE LE PUBLIC SUÉDOIS

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C’est un Dr Mukwege décontracté qui a accepté de répondre aux questions d’une journaliste suédoise, intéressée par la question congolaise.

Le Prix Nobel de la Paix 2018 n’a pas mâché les mots comme d’habitude, devant l’indifférence de la communauté internationale face à des crimes horribles commis dans la région des grands lacs, en Afrique en générale et en RDC en particulier.
La Suède figure parmi les Etats engagés dans de la protection mondiale du climat. Pendant ce temps, la Suède est productrice des voitures électriques.
Aussi à l’heure de la technologie cellulaire, plusieurs Etats européens se ravitaillent à partir de la RDC, pourvoyeuse des matières premières.

« Il y a une connexion entre les groupes armés et les ressources minières en RDC.
Nous avons mené une étude à Panzi qui a clairement révélé que là où il y a des minéraux, c’est là aussi où l’on trouve des groupes armés.
C’est de là où proviennent également beaucoup de nos malades » a insisté le Dr Mukwege.

 

« C’est inacceptable que le monde tolère ce genre de choses »

Comprenons par là qu’il n’est pas évident que ces Etats se préoccupent de ramener la paix dans une région où ils tirent des gros bénéfices.

Cela fait trois ans que l’Américain Michael Sharp et la Suédoise Zaida Catalan ont été tués au Congo et aucune lumière n’est fait à ce jour sur crime crapuleux.

Souvenir macabre pour le peuple suédois 

La mort de cette dernière rappelle encore celle de l’ancien secrétaire général des Nations-Unies, mort dans des conditions obscures alors qu’il voulait donner sa contribution dans la crise du Congo à peine indépendant.
Il suffit de faire des recherches pour se rendre compte que dans la nuit du 17 au 18 septembre 1961, probablement aux alentours de 0 h 15, l’Albertina, le DC-6 affrêté pour le compte de l’ONU par la compagnie suédoise Transair Sweden qui transportait Dag Hammarskjöld s’est écrasé dans une forêt à une dizaine de kilomètres de Ndola, en Rhodésie du Nord (actuelle Zambie). Arrivé à Kinshasa (Léopoldville) le 13 septembre 1961, au lendemain du déclenchement par l’ONUC de l’opération « Morthor », Hammarskjöld se rendait à Ndola afin de rencontrer le président de la sécession du Katanga indépendant, Moïse Tshombe. Il espérait pouvoir négocier avec lui la libération d’une compagnie de casques bleus assiégée à Jadotville ainsi que le désarmement complet des forces katangaises, en application de la résolution 161 du conseil de Sécurité de l’ONU. Apparemment, Hammarskjöld mourut au moment même de l’impact avec 14 autres passagers et membres d’équipage. Seul le chef de la sécurité, le sergent Harold Julien, survécut à l’écrasement mais décéda 6 jours plus tard.

« Lorsque vous voyez les gens qui travaillent pour le bien des autres, qui appuient les autres, être tués de la manière dont ils l’ont été, nous devons dire que c’est inacceptable.
Si cela arrive pour les travailleurs des Nations-Unies et que le monde se taise, qu’arriverai-t-il pour une personne lambda en République Démocratique du Congo?
Nous pouvons par là comprendre que nous fermons nos yeux et nos oreilles à des choses inacceptables » a matraqué le Prix Nobel de la Paix 2018.

Il estime que les personnes qui donnent leur vie pour protéger les autres doivent avoir un lieu de mémoire pour se souvenir d’eux comme des héros.

C’est peut être là une occasion pour ériger un monument sur le lieu du drame de Zaida Catala. Ce qui aiderait aussi à se rappeler du dossier Kamwina Nsapu dans le Kasaï.

« Ayons le courage de dire la vérité et d’effectuer le travail de mémoire. » dixit Dr Mukwege à Oslo.

Amani

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