Lualaba: Appel à la suspension de démolition des villages près du barrage hydroélectrique de Busanga

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barrage hydroélectrique de Busanga

Onze organisations de la société civile ont adressé une lettre ouverte au Ministre provincial de l’Intérieur du Lualaba. Elle lui demande de suspendre la démolition des villages près du barrage hydroélectrique de Busanga, dans cette province de la RDC.

Dans un communiqué du 17 juillet 2020, le Ministre provincial de l’intérieur a accordé douze jours aux habitants. Il s’agit de ceux des villages 48 heures ; Kamalenge ; Monga Lubuza ; et Wafinya ; appelés à vider les alentours du barrage hydroélectrique de Busanga.

Pour ces organisations, le Ministre devrait reporter le délai de douze jours accordé à ces habitants. Ce, jusqu’à l’atteinte d’un compromis définitif et satisfaisant pour toutes les parties.

Il serait mieux d’associer les autres ministères; les  services de l’Etat et autres parties prenantes. Question d’assurer la protection et le respect des droits des communautés locales dans le processus de délocalisation et relocalisation des populations.

Ces organisations réclament la réévaluation préalablement, en toute transparence, des indemnités à allouer aux personnes à déplacer. Cela, conformément aux lois et aux bonnes pratiques universellement reconnues notamment la norme ISO 26000

Aussi, faut-il mettre en place et vulgariser une politique de  réinstallation  des communautés et des cultivateurs qu’a déplacés l’entreprise Sicohydro ; installer un cadre permanent de dialogue entre Sicohydro et les populations riveraines pour la gestion des plaintes.

Selon ces organisations, il est nécessaire d’entamer avec les services spécialisés, le processus d’élaboration du cahier de charge. Ceci, conformément à la loi sur l’électricité et ses mesures d’applications, notamment l’Arrêté n°081/CAB/MIN/ENRH/18 du 27 décembre 2018.

Busanga, pourquoi surseoir ?

Ces organisations estiment que cette menace de démolition ne tient pas compte de  problèmes et revendications légitimes  des communautés locales riveraines. Par exemple, le réajustement des faibles indemnités que paie Sicohydro à travers la Commission ;  l’absence d’une politique efficace  de réinstallation des cultivateurs délocalisés ; l’absence d’un cahier de charges pour l’électrification de la zone et des populations riveraines.

Elles soulignent tout de même que la réalisation du projet Hydroélectrique de Busanga  s’inscrit dans le cadre du  contrat Chinois. L’objectif consiste à la relance économique du pays d’une part et l’amélioration du bien-être des populations d’autres part. Cependant, ce  projet devrait respecter les droits  humains et intégrer les revendications  des communautés locales dans son évolution.

Les onze organisations qui ont signé la lettre sont entre autres: Action pour les Droits, l’Environnement et la Vie ; African Resources Watch; Coalition des Organisations de la Société Civile pour le Suivi des Réformes et de l’Action Publique ; Convergence pour les droits et intérêts des communautés locales d’Inga ; JUSTICE POUR TOUS ; Réseau Ressources Naturelles / Katanga.

Judith Asina

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