Goma : le Requiem pour la paix de l’ONG Uwezo Africa initiative et le Docteur Denis Mukwege ouvrent la 7e édition du festival Amani

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le Dr Denis Mukwege est à l’honneur de la 7ème édition du festival Amani qui se tient ce vendredi 14 au dimanche 16 février, à Goma dans le Nord-Kivu en République Démocratique du Congo. pour cette occasion, le requiem pour la paix, une initiative de l’ONG Uwezo Africa ouvre cet évènement qui a pour devise “chanter pour la paix et danser pour le changement».   

Dans ce requiem pour la paix, le Dr Denis Mukwege prix Nobel de la paix 2018, retrace la guerre qui a commencé en RDC en 1996 à l’hôpital Lemera dans le Sud-Kivu, où il était médecin directeur.

Il regrette :

Pour moi c’était le drame de ma vie puisque j’avais perdu des patients. Des malades pour qui je me battais, que j’avais opéré juste quelques jours avant. Des malades à qui j’avais pu donner l’espoir, ils ont été tous d’une façon barbare, tués dans leurs lits, massacrés. Pour moi, la guerre qui a commencé en 1996, a été dévastatrice. J’ai perdu mes collaborateurs. Tous les staffs qui étaient avec moi étaient tués’’.

Il constate que ces êtres chers n’ont jamais eu de sépulture. Leurs noms ne sont pas répertoriés quelque part pour que l’histoire en prenne connaissance et dise plus jamais ça.  Malheureusement, dit-il, ces morts reposent dans une fosse commune et n’ont jamais eu droit à être reconnus comme victimes d’une barbarie humaine.

Pour lui, les honorer :

C’est la meilleure façon, pas seulement de se souvenir pour se venger, mais pour éviter la répétition, pour que les générations à venir se dise qu’il ne faudrait plus que cela ne se reproduise sur notre sol. Si on ne fait pas de requiem, si on ne se souvient pas de cette histoire triste, c’est-à-dire tout simplement qu’on se prépare à une répétition’’.

Il soutient ce requiem qu’il considère comme un moment de méditation, où tout le monde peut se poser la question : « comment on peut construire la paix dans cette région meurtrie pendant deux décennies ». Et ce n’est pas le moment de dire que c’est de l’histoire puisque même aujourd’hui, des innocents continuent à être tuer, à Beni, à Minembwe, parce qu’il n’y a jamais eu de deuil. Des massacres qui continuent parce que les criminels n’ont jamais répondu de leurs actes. Aussi, est-il important que les générations futures soient préservées de ce mal.

A en croire le Dr. Mukwege, il y a lieu de comprendre en suivant les actualités que ceux qui font la guerre à Minembwe sont les mêmes qui ont opéré en 1996. Il lance :

ils se permettent, en 2020, de recommencer la même chose. Nous devons absolument utiliser cette arme de requiem qui peut paraitre comme l’arme des faibles mais c’est l’arme des forts, puisque ça nous amène vers le pardon et la réconciliation’’.

Quid du festival ?

Il faut noter que 30 choristes, 8 solistes, un maitre tambourineur et un danseur classique ouvriront la 7ème édition du festival Amani. Ces artistes du Nord et Sud-Kivu ont adapté le requiem de Mozart aux sons de rituels traditionnels congolais, en ajoutant des danses et des tambours.

Pendant ces trois jours, plusieurs acteurs de la paix dans la région des grands lacs seront accueillis autour des rencontres et débats.

le requiem pour la paix est un projet de Uwezo Africa initiative qui a été lancé à Bukavu le lundi 10 février 2020;

Imani

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