Christian Moleka: « la jeunesse a beaucoup reculé, 60 ans après l’indépendance de la RDC »

0
629
Christian Moleka, Coordonnateur de la Dynamique des Politologue (Dypol)

Dans un entretien avec votre site d’informations, le Coordonnateur de la Dynamique des Politologue (Dypol) s’est totalement déchainé. Christian Moleka constate que la jeunesse a beaucoup reculé 60 ans après l’accession de la RDC à l’indépendance.

Parlant de P.E. Lumumba, il rappelle que ce père d’indépendance avait une trentaine d’années en ce moment. Aussi, la majeure partie d’acteurs de l’époque avait cet âge. Ils n’ont pas eu l’opportunité de fréquenter les universités. Mais, ils ont pris dans les limites de leur temps et contexte, l’opportunité de donner l’indépendance à la République.

Christian Moleka lâche :

« Je pense qu’il faudrait reconnaitre que la jeunesse a beaucoup reculé ».

60 ans après, dit-il, les jeunes ont eu la chance de faire des grandes études et de voyager. Mais, sur la scène politique aujourd’hui, trop peu de jeunes sont acteurs majeurs qui apportent un changement considérable. Il dénonce que la politique soit devenue un cercle gérontocratique et déplore :

« Beaucoup se complaisent à rester dans des ligues des jeunes. Ils servent de marchepieds aux ambitions de quelques autorités morales ».

Cependant, il est temps pour cette partie de la population congolaise de s’approprier son destin. Cela, d’autant plus que le pays compte 60 % de la population de moins de 35 ans.

Modèle politique qui bloque les jeunes

Jeunesse congolaise en manifestation en Europe. Image/REJEC
Jeunesse congolaise en manifestation en Europe. Image/REJEC

Pour Christian Moleka, le modèle démocratique actuel ne favorise pas les jeunes. Ce, parce qu’il repose sur les élections. Accéder aux élections suppose appartenir au départ, à un appareil politique. Ensuite, il faudrait disposer des moyens financiers pouvant répondre à ces défis des élections. Il signale :

« C’est ce qui fait que les jeunes ne soient pas capables au niveau électif, d’exprimer leurs ambitions. Mais au niveau nominatif, rien n’empêche qu’ils créent des partis politiques. Rien ne les empêche d’être à la tête des grands mouvements sociaux qui va permettre d’impacter ou d’influencer l’action politique. Je pense que c’est une responsabilité des jeunes d’abord ».

Christian Moleka explique comment relever ce défi

La jeunesse réclame
La jeunesse réclame

Au moment de l’indépendance, il y avait l’Union Générale des Etudiants du Congo (UGEC). Il y a eu au niveau de la diaspora, un mouvement des étudiants congolais qui était d’un grand apport. Aujourd’hui la jeunesse est divisée, peut-être trop distraite.

Ce qui nécessite  une remise en question et une organisation autour des mouvements associatifs.

Christian Moleka regrette que la jeunesse se complaise à des débats stériles. Car, on fait la politique pour bousculer, atteindre les autres et se réaliser soi-même dans son combat. Pour y parvenir, il faut des jeunes ambitieux, passionnés, plein de conviction.

« Il faut s’assumer, avoir des convictions, et le courage parfois de nager à contre-courant. Le jour où nous auront des jeunes capables de dire non, de nager à contre-courant, on sera libéré ».

Priorités pour relever le pays

Le Coordonnateur de la Dypol relève que la stabilité, notamment de la zone de l’Est prime sur toutes les priorités. Pour lui, on ne peut pas faire un développement sans paix.

Par la suite, il faudra reformer structurellement l’Etat congolais.  Il donne l’exemple du modèle économique congolais qui est dépassé. Pour cause ? Avoir conservé pendant 60 ans, un même modèle économique basé sur l’exportation des minerais.

Il propose un modèle de croissance basé sur la consommation intérieure. Question de produire ce qui se consomme par le peuple lui-même. Au lieu de continuer à produire ce qui ne se consomme pas. Aussi, d’arrêter avec la dépendance de la balance de paiement et de court des métaux à l’étranger.

En somme, il faut des réformes structurelles importantes. La plus grande réforme, selon lui, est l’éthique. Il cogite :

« Le pays a besoin des hommes de conviction. Qui prennent le pouvoir non pas pour s’enrichir, mais qui ont des valeurs et une vision. Qui soient capables de s’oublier soi-même et de réaliser une vision ».   

Il faut noter que Dynamique des Politologues (Dypol) est une structure nationale. Donc, elle est répandue à travers tout le pays, notamment à Goma, Bukavu, Lubumbashi, Mbuji Mayi.  Elle reste ouverte à quiconque veut adhérer, pour l’intérêt de la nation.

Judith Asina

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Résoudre : *
12 + 19 =