Affaire passeport congolais: UNIS, FIDH et consorts saisissent la justice belge

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Depuis le 10 janvier 2019, des ONG congolais peuvent déposer plainte   en   Belgique;   dans   des   affaires   de  violation   des   droits   humains. C’est ainsi que la Fédération Internationale pour les Droits Humains (FIDH) ; le Réseau Panafricain de lutte contre la Corruption (UNIS) ; se sont constitué partie civile dans l’enquête pénale dans l’affaire Semlex.

En effet, la plainte a été déposée vendredi 8 mai 2020. 51 victimes congolaises se sont également constituées partie civile dans la campagne le Congo n’est pas à vendre.

La société belge Semlex est sous enquête pour le contrat conclu avec la RDC pour la fabrication de passeports biométriques. Certains médias estiment que ladite enquête porterait sur des soupçons de corruption et de blanchiment d’argent.

Des déclarations 

Paul Nsapu, Vice Président de la FIDH indique que les victimes congolaises deviennent actrices   de   ce   dossier   emblématique. Ce, par  le dépôt de ces plaintes pénales avec l’appui d’ONG. Elles   pourront   demander   un   accès   au   dossier   et solliciter  des   devoirs  d’enquêtes  complémentaires.  

Pour lui, cette action est loin d’être une   simple   portée   symbolique.   Il s’agit d’une vraie plus-value, pouvant permettre d’aboutir enfin à la condamnation d’une entreprise suspectée   d’offrir   des   pots   de   vin. Objectif ?   Obtenir   des   juteux   contrats,   au   détriment  des   citoyens congolais.

De son côté, Jean-Jacques Lumumba, Co-fondateur Unis espère que la justice belge pourra lever le voile sur les 60 Usd. Un montant alloué à une société écran aux propriétaires réels suspects.  Aussi, ajoute-t-il :

« Le montant de 60 Usd correspond au salaire moyen d’un fonctionnaire congolais. Cet argent aurait dû rester dans la poche des acheteurs de passeports ».

Cependant, Olivia Venet, Présidente de la Ligue des droits humains (Belgique) estime :

« Vue la gravité des suspicions autour du contrat de Semlex, il est important de mettre fin à cette impression d’impunité. Et, de pousser le dossier jusqu’au bout ».

Quid de l’affaire Semlex ?

Selon Reuters, Semlex avait négocié le contrat pour les passeports avec l’ex-Président Kabila et certains de ses proches en 2014-2015. Lors des négociations à Dubaï et à Kinshasa, le prix unitaire du passeport était passé de 21,5 à 185 Usd.

Pour les contrats auxquels ces organisationsont accédé, 60 Usd doivent être reversés à une société écran pour chaque passeport. Il s’agit de LRPS, enregistrée dans les Emirats Arabes Unis. La société LRPS appartiendrait à Makie Wangoi Makolo, membre de l’ancienne famille présidentielle. Depuis le contrat entre Semlex et le gouvernement congolais, cette société écran pourrait avoir perçu plus de 35 millions Usd.

Toutefois, la justice belge a ouvert une enquête en 2017 et fait une perquisition au bureau de Semlex en Janvier 2018. Depuis lors, aucune nouvelle n’a été communiquée par le Parquet fédéral sur la progression de l’enquête.

Le Comité des droits économiques, sociaux et culturels de l’ONU a observé qu’il manque en Belgique un système de plainte efficace. Cela, pour les victimes de violations de droits humains commises par les entreprises.

Judith Asina

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